Questions fréquentes

Cette page propose nos réponses aux principaux arguments des défenseurs et partisans des Fake médecine. Leurs arguments étant assez hétéroclites, ils sont classés en fonction de leur fréquence.


Q : Vous manquez vraiment d'humilité... La science n'explique pas tout !

R : Vous avez parfaitement raison, la science n'explique pas tout et "elle" en est parfaitement consciente. D'ailleurs la science se trompe, souvent, et lorsque suffisamment d'éléments sont accumulés en ce sens, elle change sa position. Cette attitude de doute est le contraire des disciplines basées sur les croyances, qui sont immuables et irréfutables (et en cela non-scientifiques). Ce que nous entendons par la science, c'est avant tout une méthode : la méthode scientifique. Cette méthode permet de constater les effets sur le réel quelle qu'en soit la cause. La méthode scientifique exige des faits mesurables et reproductibles. Elle s'oppose en ce sens aux "impressions", "avis" et autres "souhaits".

Cette méthode permet grâce à des protocoles expérimentaux précis et contrôlés de déceler ce qui donne des résultats mesurables et reproductibles, ou pas, en s'efforçant d'éliminer au maximum les biais (les erreurs d’interprétation) qui sont nombreux.


En cessant d’invoquer la magie là ou elle n'avait pas de réponses à donner, la médecine a plus progressé en quelques décennies que tout au cours de sa longue histoire. Nous ne voulons pas empêcher les gens de croire, croire est un besoin tout à fait humain et nous respectons cela.

Ce que nous demandons, c'est que la distinction soit faite entre ce qui relève de la croyance et ce qui relève de faits vérifiables.

Q : Vous mettez en cause les médecines alternatives et complémentaires, mais la médecine scientifique c'est elle qui a été responsable des scandales du Médiator, du Vioxx et de violences médicales !

R : C'est tout le contraire. C'est justement parce que la science ne tient rien pour acquis et qu'elle n’hésite pas à interroger les affirmations les plus ancrées, qu'elle a permis aux victimes de ces molécules de prouver leur préjudice malgré les dénégations officielles.


Q : Mais justement, n'est-ce pas mieux que certaines médecines alternatives et complémentaires soient encadrées par des médecins ? Comme ça les médecins ne passent pas à côté de diagnostics graves, et choisissent au mieux. 

R : La médecine est un tout unique. Un médecin se doit de prescrire le traitement le plus adapté et qui a fait la preuve de son efficacité, et ce, que les mécanismes d'action soient compris ou pas. L'aspirine est un médicament dérivé d'une substance présente de l'écorce d'arbre. Les premiers antibiotiques sont issus de champignons. Les premiers antalgiques sont issus de plantes comme le pavot. On peut aussi citer des anticancéreux issus de l'if. Toutes ces molécules ont été utilisées bien avant que leur mécanisme d'action n'ait été pleinement compris parce que leur effets pouvaient être mesurés et reproduits.

Un médecin doit également pouvoir dire que certains problèmes ne nécessitent pas de traitement.
Faire appel à des traitements uniquement pour faire plaisir, ou en invoquant une croyance, revient à prendre le risque d'entretenir la confusion chez les patients en lui faisant croire que se dont il se plaint nécessite un traitement, mais un traitement qui n'a comme seul intérêt que de lui faire croire qu'il est soigné.

Q : Vous parlez de l'acupuncture dans votre tribune, pourtant il existe des preuves que ça fonctionne !

R : Tout le monde n'est pas vraiment d'accord là-dessus. La première chose à savoir c'est qu'il est difficile d'étudier les effets de l'acupuncture. Le placebo d'acupuncture, mis en place grâce à des aiguilles rétractables, est ressemblant mais pas équivalent. Si on estime par exemple qu'une petite quantité d'endorphines (substance naturellement produite par le corps et qui a un effet antalgique) est secrétée en réaction à la piqûre des aiguilles, la comparaison devient difficile. Ensuite, les études ne sont pas faites en double aveugle, puisque la personne qui pique sait si elle le fait avec des aiguilles rétractables ou non. Ce qui est sûr, c'est que le "principe" de base qui suppose la présence de "méridiens" est évidemment non prouvé. La seule chose que l'ont puisse dire, c'est que dans certaines situations (pas toutes ) c'est mieux que ne rien faire, ce qui n'invalide pas son statut de placebo très probable.

Q : L'homéopathie ça fonctionne pourtant ! Ça a sauvé ma tante de la dépression, mon cousin de sa gale et en plus ça fonctionne sur les enfants et les animaux !

R : Bienvenue dans le monde des effets contextuels et des coïncidences ! L'effet placebo par exemple, fonctionne même si on sait qu'on prend un placebo ! Il fonctionne aussi par "transfert", dans le cas d'un enfant ou d'un animal. La personne qui administre le traitement et qui pense que ça va mieux le manifeste, et les enfants ou les animaux calquent leur comportement sur la réaction engendrée chez le parent ou leur maître (plus prosaïquement, tous les parents ont fait l’expérience du "bisou magique" qui guérit les petits bobos, et ceux qui ont un chien ont tous vu leur animal aller mieux après une chute après avoir tapoté son cou).

D'autres fois, il s'agit de coïncidences. Vous constatez par exemple que la fièvre baisse chez un enfant après sa dose d'homéotruc ? C'est tout à fait normal, la fièvre fait un peu les montagnes russes dans beaucoup de pathologies infectieuses, elle monte et elle descend au cours de la journée. Rappelez vous bien que les études à grande échelle, en éliminant donc ces biais d'observation, sont négatives, et qu'une expérience personnelle ne fait jamais office de preuve de quoi que ce soit (oui je sais, c'est dur à se représenter mais les marchands d'illusion en profitent...)


Q : Vous n'arrêtez pas de parler d'études négatives, et les études positives alors ? J'en ai lu moi !

R : Il y a une façon simple de répondre à cette question, et il n'y a même pas besoin, pour ce faire, d'invoquer l'argument du financement de ces études effectivement positives en faveur de pseudo-médecines... Lorsqu'on fait des études statistiques, on prend un intervalle de confiance, disons de 5 %. Ce que ça signifie, c'est que sur un très grand nombre d'études (comme celles réalisées pour l'homéopathie par exemple), on peut raisonnablement s'attendre à avoir 5% d'études qui vont "à contre-courant" des autres (majoritairement négatives donc), c'est parfaitement normal ;)

Q : Parmi les signataires de la tribune, j'ai vu beaucoup de gens sous pseudonyme, ceux-là ont peur d'assumer leurs opinions ?

R : Bien sûr que non, pourquoi signer dans ce cas ? Les raisons des gens sont variées, mais nous avons laissé cette possibilité car cette initiative est partie initialement des réseaux sociaux, en particulier Twitter où les comptes peuvent être anonymes. En tant que médecin, et dans le cas, bien sûr, ou l'on respecte une certaine réserve en accord avec notre déontologie, garder l'anonymat peut permettre d'échanger plus librement sur certains sujets médicaux, notamment dans le cas où ces discussions sont accompagnées d'iconographies de patients (ayant donné leur accord bien entendu).

Ne pas savoir de quel médecin cela provient permet d'éviter que des personnes puissent déduire de quel patient il s'agit. Plus généralement, cela peut permettre d'avoir un propos dans lequel aucun patient ou aucune hiérarchie (pour les salariés) ne puisse se reconnaître. Pour la majorité des signataires en anonyme, il s'agit donc là de ne pas mélanger son identité sur les réseaux sociaux et celle de la vie de tous les jours, afin d'avoir une séparation claire.


Q : Vous n'avez pas parlé de toutes les pseudo-médecines, il y en a beaucoup pourtant !

R : Il est vrai qu'il existe un grand éventail de fausses médecines, nous aurions pu citer la naturopathie, l'inspiration psychanalytique dans le domaine des soins psychiatriques, les fleurs de bach, la "médecine quantique", la lithothérapie etc. Nous avons choisi de citer les pseudo-médecines "phares", que nous considérons justement comme les portes d'entrées vers le tout et n'importe quoi. Mais tout ce qui n'a pas apporté des preuves de son efficacité et qui a des prétentions thérapeutiques pouvait être cité effectivement.

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